Certains
posent parfois cette question « Qu’adviendra-
t-il des païens s’ils n’ont pas l’opportunité d’entendre
l’Évangile ? La meilleure réponse à cette
question insidieuse est cette autre question d’un
ordre pratique:
« Qu’adviendra-t-il de nous si nous ne leur portons pas l’Évangile
? » La continuité de la vie spirituelle de l’Église
est liée à l’accomplissement du premier de ses buts : l’évangélisation
du monde entier. Et le seul véritable moyen de garder l’Évangile
(ou tout autre bénédiction spirituelle) est de le transmettre.
Un militant chrétien, le Dr Taylor, écrit: « Le champ
d’activités missionnaires est la soupape de sécurité de
l’Église; si vous fermez cette porte vous pouvez vous attendre à une
explosion. La joie, la paix, la pureté (qu’elle soit de
la vie ou de la doctrine) de l’Église dépendent de
son activité pour Christ à la fois sur le plan local et
dans les pays lointains. La lumière qui porte le plus dans les
ténèbres de la nuit est celle qui, dans la maison, est
la plus éclatante. Si l’Évangile, lumière
de notre Église, n’est pas assez fort pour illuminer d’autres
régions, c’est que nous ne le faisons pas briller suffisamment
dans notre assemblée. » Puisse cette leçon nous donner
une vision plus claire et plus large du rôle missionnaire de l’église.
I – UNE ÉGLISE MISSI0NNAIRE.
La première entreprise missionnaire fut le résultat d’un
plan de persécution qui frappa subitement l’église
de Jérusalem et en dispersa les membres dans toutes les directions.
(Actes 8 : 1). La propagation de l’Évangile dans toute la
Palestine et la Syrie faisait partie du plan de Dieu. Mais le même
Seigneur qui poursuit son but par des moyens violents peut aussi parler
d’une voix douce. Et c’est ainsi qu’il parla à Antioche.
Les anciens de l’Église étaient là, rassemblés
pour une réunion de prière. Par ce qui arriva ensuite,
nous pouvons supposer que leur requête a pu être la suivante
: « Seigneur, l’Évangile a été prêché en
Palestine et en Syrie, mais que fera-t-on pour l’Asie Mineure et
l’Europe ? » La méditation et la prière créent
l’ambiance qui permet de recevoir la révélation de
la volonté de Dieu. La réponse ne se fit point attendre. « Mettez-moi à part
Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai
appelés ». (Actes 13: 2). Remarquez que c’étaient
les meilleurs « ouvriers » qui étaient appelés,
ceux qui étaient particulièrement appréciés
dans leur propre église. Le changement du lieu d’activité ou
un voyage au delà des océans ne donne aucun pouvoir surnaturel.
Si nous ne sommes pas aptes à servir le Seigneur dans notre propre
pays, il est fort probable que nous ne le ferons pas mieux dans une contrée étrangère.
Nous pouvons sortir de notre ville, de notre pays, mais nous ne pouvons
pas sortir de nous-mêmes.
Remarquez également que l’Esprit ayant agi en coopération
avec l’Église, le même Esprit qui déclare « je
les ai appelés » dit à l’Église « Séparez-moi ».
Les missionnaires étaient envoyés « par le Saint
Esprit » (V. 4) mais il est aussi écrit que les prophètes
et les docteurs de l’Église d’Antioche « leur
imposèrent les mains et les laissèrent partir » (V.
3). (En outre, comparer Ch 13, Verset 3 et 4 à 15 : 28). La leçon à tirer
de ce passage est la suivante : quand un chrétien a un appel pour
le ministère, cet appel est généralement évident
pour ses frères en Christ. Le chrétien appelé ne
pourra pas se passer délibérément de l’approbation
de ses frères, de leurs conseils, de leur appui, car aucun homme
ne peut vivre en lui-même.
II – UN APPEL MISSIONNAIRE.
Tous les chrétiens ont un appel pour devenir des témoins
du Christ. Mais de quels éléments est en réalité constitué un
appel qui doit amener une personne à se donner entièrement à l’œuvre
du Seigneur en pays étrangers.
1) Une connaissance des besoins des populations à évangéliser
et un désir impérieux de faire connaître la voie
du salut aux perdus. Ce premier point peut venir à l’esprit
du chrétien par la lecture de la Parole de Dieu, des livres missionnaires
ou en entendant des prédications concernant les champs de mission.
2) L’assurance intérieure absolue donnée par le Saint
Esprit qu’il est dans la volonté de Dieu d’amener
ce chrétien à consacrer son activité à un
champ particulier (Voir Actes 10: 19 et 16 : 6-7).
3)
Des aptitudes spéciales spirituelles, intellectuelles,
et physiques. Une étude approfondie des appels
reçus par les Serviteurs de Dieu nous convaincra
que les hommes de Dieu appelés possédaient
pour ce genre de travail des qualifications bien
déterminées. Dans une des leçons
précédentes nous avons remarqué que
Paul été remarquablement qualifié pour être
l’apôtre des Gentils. Par exemple, si
une personne constate qu’elle est incapable
d’étudier une langue étrangère
ou qu’elle ne peut pas arriver à s’adapter à ses
nouvelles conditions de vie, son appel est à reconsidérer.
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4)
L’approbation des frères. Barnabas et
Saul ne furent pas seulement envoyés par le
Saint Esprit, mais par l’Eglise. Quand un frère
perçoit qu’il un appel missionnaire, en
général, ses guides spirituels s’en
aperçoivent.
5) Le concours providentiel de circonstances.
Si une personne est véritablement
appelée par Dieu, nous pouvons être certains qu’en
temps utile, Dieu lui ouvrira les portes nécessaires.
Comment pouvons-nous recevoir un appel
spécial pour travailler
dans le champ du Seigneur ?
a) En nous consacrant entièrement à lui et en nous soumettant
parfaitement à sa volonté, que cette volonté soit
de nous envoyer au loin ou de nous faire rester où nous sommes.
b) En accomplissant fidèlement tous les devoirs et en remplissant
les ministères qui se présentent tout près de nous
(Luc 16: 10).
III – UN VOYAGE MISSIONNAIRE.
L’homme qui cherchait la vérité – En arrivant à Paphos,
capitale de l’île de Chypre, l’apôtre fit la
connaissance du gouverneur Sergius Paulus, un homme prudent « qui
fit appeler Barnabas et Saul et manifesta le désir d’entendre
la parole de Dieu ». Le fait qu’il fréquentait un
imposteur juif qui prétendait posséder des connaissances
surnaturelles n’avilit en rien son caractère. En effet,
comme beaucoup de Romains instruits il n’avait plus aucune foi
dans les religions populaires et il était à la recherche
de la vérité. Comme beaucoup de ses compatriotes, il cherchait
un idéal spirituel en se tournant vers ceux qui prétendaient
connaître la science mystérieuse de l’Orient. Ses
rapports avec ce magicien sont une conséquence de la suffisance
de la raison humaine. Jean Calvin disait : « Nous pouvons voir
comme dans un miroir à quel point la sagesse humaine est mensongère
et tout à fait sans valeur puisqu’elle s’est montrée
incapable de défendre Sergius contre les duperies de Satan ».
L’adversaire – Elymas, le magicien, qui entrevoyait la perte
.de la situation lucrative qu’il avait, en tant que conseiller
spirituel du gouverneur, « leur faisait opposition, cherchant à détourner
de la foi le proconsul ». S’il est déjà bien
mal de vivre en ennemi de Dieu, il est plus mal encore de détourner
les autres du chemin de la foi.
Le triomphateur. Après avoir entendu les apôtres puis leur
contradicteur, le gouverneur était perplexe. « Ou est la
véritable voix? » devait-il se demander. Il se trouvait à la
croisée des chemins. Mais Dieu vint au secours des apôtres
et les fortifia d’une onction spéciale du Saint Esprit pour
achever la défaite du diable; cette défaite fut la réponse à la
question que se posait Sergius Paulus. En effet, le jugement surnaturel
qui tomba sur Elymas convainquit le Romain que le Dieu de Paul était
le Dieu tout puissant. (Comparer avec 2 Tim 3 : 8 ; Ex 7 10-12; 8 : 19).
Quelques questions à étudier.
1) Comparer Actes 13 : 9 : « Paul rempli du Saint Esprit » avec
Actes 9: 17. Quelle différence y a-t-il entre ces deux onctions
du Saint-Esprit ? Comparer Actes 22 : 4 et 4 31 ; comparer aussi Actes
2 : 4 et Actes 4: 8.
2) Les paroles que Paul prononce dans les
versets 10 et 11 viennent-elles de la fougue
du propre caractère de Paul ? Voir verset 9. Le converti. « Alors
le proconsul voyant ce qui était arrivé crut, étant
frappé de la doctrine du Seigneur. » Une fois de plus, on
constate que l’opposition, loin de faire obstacle à la propagation
de l’Evangile le fait au contraire triompher. Comparer avec Actes
9: 19- 21. Si notre cause est juste, nous pouvons-nous dire à nous-mêmes
: « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »
QUESTIONS
1 – Un «ouvrier» qui ne peut rien faire de bon dans
son propre pays peut-il être envoyé en terre lointaine ?
2 – Le Saint Esprit agit-il indépendamment de l’Eglise
?
3 – De quels éléments
se compose un appel pour un champ de mission
?
4 – Comment expliquez-vous que ce gouverneur romain ait pu être
victime d’un imposteur ?
5 – Y a-t-il quelque chose de pire
que de vivre une vie inique ?
6 – Est-ce que le geste de Paul décrit au verset 9 est un
exemple destiné à tous les chrétiens ?
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