Paul
savait que les épreuves l’attendaient à Jérusalem. “ De
ville en ville, l’Esprit Saint m‘avertit
que des liens et des tribulations m’attendent. ” (Actes
20: 23). Les apôtres interprétèrent
ces paroles comme un avertissement, mais pas comme
une interdiction de se rendre à Jérusalem.
Convaincu qu’il était dans son devoir
de se rendre dans cette ville, Paul alla de l’avant.
Il imitait son Maître qui y était entré sachant
d’avance ce qui l’y attendait. L’apôtre
ignorait quelles seraient ses épreuves, mais
il n’ignorait pas qu’elles pourraient aller
jusqu’à la mort.
Il savait ce que lui en coûterait sa décision, il était
décidé à en payer le prix. (Actes 21:13).
Les chrétiens de Jérusalem demandèrent à Paul
de s’efforcer de détruire la mauvaise opinion qu’avaient
de lui les Juifs chrétiens en prenant part avec quatre frères, à une
cérémonie au Temple. Paul accepta. Tout alla bien jusqu’au
moment où les juifs d’Asie ayant espionné Paul dans
le temple, ameutèrent la foule qui l’aurait certainement
tué sans l’intervention des soldats romains.
PAUL
DONNE SON TÉMOIGNAGE À LA FOULE
Paul
savait comprendre une populace en fureur et savait être
patient envers elle. Plus de vingt ans auparavant,
n’avait-il pas lui même dirigé contre
l’Église la sauvage attaque qui devait
disperser les chrétiens ? Il avait envoyés
en prison des hommes et des femmes ; il les avait
parfois fait battre de verges ou même envoyés à la
mort et cela parce qu’ils croyaient en Jésus.
Il présenta ces faits à la foule en
faisant bien remarquer qu’il était possible
d’en apporter les preuves. Il pourchassait
les chrétiens dans le but de les arrêter
et de les emmener à Jérusalem ou ils
devaient subir la peine qu’entraînerait
leur condamnation, quand soudainement, survint la
vision qui bouleversa sa vie et changea son avenir.
La foule l’écouta jusqu’au moment
où il leur dit comment il avait été baptisé et
comment il avait vu le Seigneur alors qu’il était
ravi en extase. Quand il déclara qu’il
avait reçu la mission de prêcher aux
gentils, la tempête se déchaîna.
Bien des gens sont ainsi disposés à écouter
un message, mais seulement jusqu’à ce
qu’un mot de la vérité froisse
un de leurs préjugés favoris; après
Ils se bouchent les oreilles. L’officier romain
ne comprenant que fort peu de choses en matière
de religion, supposa que Paul avait commis quelque
crime contre les Juifs.
C’est pourquoi il se prépara à administrer à Paul “ la
question ” par le fouet, afin de provoquer des aveux. Mais Paul évita
ce supplice en invoquant sa qualité de citoyen romain ; c’est
alors que le tribunal décida de le faire comparaître devant
le Sanhédrin Juif qui pourrait instruire son cas.
PAUL
TÉMOIGNE DEVANT LES CHEFS JUIFS
Paul,
les regards fixés sur le Sanhédrin,
dit Hommes frères, c’est en toute bonne
conscience que je me suis conduit jusqu’à ce
jour devant Dieu. ” Et cette affirmation était
exacte car, même quand il persécutait
les chrétiens, il pensait sincèrement être
au service de Dieu. La conscience a une puissante
influence sur le caractère. Mais comme une
montre, elle peut se dérégler. Une
montre doit être réglée sur une
horloge exacte et une bonne conscience se règle
et prend sa ligne de conduite sur la Parole de Dieu.
Le Souverain Sacrificateur ordonna à ceux qui se trouvaient près
de lui de le frapper sur la bouche. “Alors Paul lui dit : “ Dieu
te frappera muraille blanchie ! Tu es assis pour me juger selon la loi
et tu violes la Loi en ordonnant qu’on me frappe ! ”
L’attitude du souverain sacrificateur en cette occasion méritait
bien un blâme sévère. Mais, en outre les paroles
de Paul constituaient une prophétie. Car ce grand prêtre
fut assassiné cinq ans plus tard. Peut-on accuser Paul de s’être
emporté? Nous devons faire une distinction entre la colère
et l’indignation. La colère est un état émotif
qui prend le pas sur un jugement équitable et l’altère.
L’indignation laisse l’homme maître de son jugement
et le dresse contre ce qui est mal. “ Ceux qui étaient près
de lui dirent : tu insultes le souverain sacrificateur de Dieu ! Et Paul
dit : je ne savais pas, frères, que ce fut le souverain sacrificateur;
car il est écrit tu ne parleras pas mal du chef de ton peuple. ” Dans
la chaleur de son indignation contre un homme injuste, Paul avait oublié la
fonction élevée du grand prêtre. Son excuse courtoise
nous enseigne que nous devons honorer la fonction même quand nous
ne pouvons pas respecter l’homme.
PAUL MET LE SANHÉDRIN EN ÉCHEC
Comprenant
qu’il ne pouvait espérer, aucune justice
de ces hommes aux idées préconçues,
Paul décida de se soustraire à leur
juridiction non pour sauver sa propre personne mais
plutôt pour trouver une autorité capable
d’écouter l’évangile avec
plus de loyauté. Sachant que l’assemblée
comprenait des Pharisiens (qui croyaient à la
résurrection et à une vie future) et
des Saducéens (qui niaient la résurrection
et l’existence des anges), Paul usa d’un
stratagème pour diviser ses juges. “ Hommes
frères, leur dit-il, je suis pharisien, fils
de pharisiens; c’est à cause de l‘espérance
et de la résurrection des morts que je suis
mis en jugement. ” Ces mots provoquèrent
une longue et violente
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controverse
entre les deux parties de l’assemblée.
Il en résulta une si grande confusion que les
Romains, craignant pour la vie du prisonnier, le firent
promptement descendre “ pour le conduire à la
forteresse ”. Toutefois, les Juifs ne se tinrent
pas pour battus. Quarante d’entre eux tirent
serment de s’abstenir de manger et de boire jusqu’à ce
qu’ils eussent tué Paul. Le complot fut
découvert par le neveu de Paul et dès
que L’officier romain apprit la chose, il fit
conduire Paul à Césarée avec une
escorte de quatre cent soixante-dix soldats.
PAUL
DEVANT FÉLIX
Quelques
jours plus tard, les autorités juives arrivèrent
et portèrent plainte contre Paul. Ils l’accusèrent
d’exciter “ tous les juifs du monde ” contre
le gouvernement, d’enseigner de fausses doctrines
et d’avoir profané le temple. Paul réfuta
aisément toutes ces accusations. Le gouverneur
Félix avait un esprit assez subtil pour déceler
le vrai de cette affaire mais il ajourna sa décision,
car il espérait recevoir un “ pot de
vin ” de Paul. Il ordonna que le prisonnier
soit traité avec courtoisie. La femme de Félix était
juive. Paul eut l’occasion de parler librement
au gouverneur et à sa femme; Il les entretint “ de
la justice, de la tempérance, du jugement à venir ”.
Félix trembla, mais Il n’arriva jamais à une
véritable repentance, du moins, rien ne nous
permet de l’affirmer.
Quand il cessa ses fonctions, il se rendit à Rome pour y présenter
son rapport et “pour plaire aux Juifs”. Il laissa Paul en
prison. Mais l’autorité de Dieu surpasse toute autorité :
Paul devait témoigner à Rome.
PAUL
DEVANT FESTUS ET AGRIPPA
Le
nouveau gouverneur Festus, qui désirait plaire
aux Juifs, suggéra que Paul fut amené à Jérusalem
pour y être jugé. Mais Paul, qui se
rendait compte du danger que comportait un tel parcours,
usa de son droit de citoyen romain pour demander à comparaître
devant le tribunal de César. Sa demande fut
acceptée. Mais Festus se demanda de quelle
accusation on pourrait bien charger Paul. Le cas
reposait surtout sur des points d’ordre religieux
qui lui étaient forts étrangers. Heureusement,
Hérode Agrippa, roi d’un petit territoire
du nord de la Palestine, arriva à Césarée.
Comme il connaissait parfaitement la religion juive,
Festus le consulta sur cette affaire. “ Je
voudrais aussi entendre cet homme ” dit le
roi Agrippa. Le jour suivant, les notables romains
et juifs remplirent en grande pompe la salle d’audience.
Le roi dit au prisonnier : “ il t’est
permis de parler pour ta défense. ” Paul
aurait pu manifester son mépris pour cette
vaine mise en scène. Ou encore, il aurait
pu flatter le roi avec l’espoir d’en
obtenir une faveur. Mais l’attitude et les
paroles de Paul étaient empreintes de sincérité et
dignité. Il ne plaidait pour sa propre cause,
mais celle de son maître. II était ambassadeur
de Christ. Chaque chrétien vivrait une meilleure
vie s’il se rappelait d’où lui
vient son appel. Paul était passé par
de rudes épreuves ; il était maintenant
prisonnier et pourtant c’est en ces termes
qu’il s’exprima tout d’abord : “ Je
m’estime heureux, roi Agrippa ” Sûr
de marcher selon la volonté de Dieu, il pouvait
se réjouir en dépit des circonstances.
C’est dans les circonstances difficiles que
se révèle la profondeur de nos convictions.
RÉSULTAT
DU TÉMOIGNAGE DE PAUL
Après
avoir écouté le témoignage de
Paul, Festus s’écria : “ Tu es
fou, Paul ! Ton grand savoir te fait déraisonner
! ” Quand un homme est bouillant au point que
le monde pense qu’il est fou, c’est bon
signe ! Un jour viendra où on admettra que
le peuple chrétien est le seul sain d’esprit
dans un monde en folie. Remarquez la courtoisie de
la réponse de Paul (V. 25). En effet, les
sarcasmes, le dénigrement ou la raillerie
ne gagneront pas les critiques à Christ.
Paul se tourna vers le roi et lui déclara que les faits qu’il
avait rapportés étaient bien connus et il lui rappela le
témoignage des prophètes. C’est alors qu’Agrippa
lui dit : “ Tu vas bientôt me persuader de devenir chrétien
! ” Et il s’attira une réponse pleine de noblesse
que l’on pourrait résumer en ces termes : “ Je te
souhaite de partager ma foi sans toutefois partager mon infortune ” La
salle d’audience était remplie de nobles romains et juifs,
mais le plus noble était l’homme chargé de chaînes.
QUESTIONS
1
- Pourquoi Paul alla-t-il à Jérusalem
alors que les prophètes l’avaient averti
que “ les tiens et la tribulation ” l’y
attendaient ?
2 - Qui suscita une émeute parmi
la foule ?
3 - Montrer comment Paul réussit à diviser le Sanhédrin?
4 - Comment Paul alla-t-il à Césarée
?
5 - Quelle impression du faire Paul sur
Félix, Festus et Agrippa
?
6 - Qui était le plus noble parmi tous tes assistants, le jour
où Paul comparut devant Agrippa ?
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