Nous
interrompons cette semaine notre série d’études
sur la période des patriarches dans le livre
de la Genèse pour étudier un passage
du livre de Job. On en comprendra la raison si l’on
veut bien se souvenir que ce livre traite de l’histoire
d’un homme qui vivait justement à l’époque
des patriarches, on ne saurait donc placer ailleurs
cette leçon. Les expériences que fit
Job avec le Seigneur ressemblent tant aux nôtres
et il traverse si victorieusement les pires épreuves
que nous ne pourrions manquer cette leçon.
La
meilleure façon de nous préparer à saisir
cette leçon est de lire entièrement
les deux premiers chapitres de Job, afin de mieux
découvrir les détails que nous mettrons
en relief.
Quelques
détails précis concernant ce livre – Des
professeurs de lettres ont souvent estimé que
le livre de Job était une des plus grandes
productions littéraires de tous les temps.
Le récit est d’autant plus intéressant
qu’il constitue, l’histoire d’un
personnage réel (Ézéchiel
14 : 14) qui vécut à peu près,
pense-t-on à l’époque d’Abraham.
Voyez-vous dés les premiers versets ; il
s’agit là d’une histoire vraie
? Remarquez-vous que l’endroit où il
vivait est précis ? La Bible, d’autre
part, fait ailleurs des allusions qui peuvent jeter
une certaine lumière, sur ce sujet. Si vous
découvrez une telle référence,
n’omettez pas de la noter. Pour ce qui est
de l’époque où vivait Job,
nous devons comparer les détails du livre,
la « couleur locale » avec ceux des
autres livres. Il n’y est aucunement question
ni des Lois de Moïse ni du système
lévitique et c’est pourquoi nous estimons
que Job vivait avant Moïse. D’autre
part Job adorait le seul vrai Dieu que les Hébreux
connurent seulement plus tard à la place
des dieux païens des nations des Gentils.
D’ailleurs, s’il avait vécu
au temps des Hébreux, il aurait observé,
pour l’adoration, les lois lévitiques.
Mais Job était lui-même le prêtre
de sa propre maison, privilège qui revenait
au père de famille dès les premiers
temps des patriarches. Son mode de vie, ses immenses
richesses en terres et en troupeaux son également
une preuve qu’il vivait dans la période
patriarcale.
Causes
des épreuves de Job – Certains
pensent que c’est parce qu’il était
un « propre juste » que Job dût
supporter tant d’épreuves et que Dieu
l’éprouva pour le rendre plus humble.
Si cela était exact, nous en trouverions
bien quelques indices dans les premiers chapitres
qui présentent le personnage. Mais que dit
Dieu au sujet du caractère de Job ? Dieu
présenterait-il un « propre juste » comme
un homme « intègre et droit » ?
(1 : 1) « qui craignait Dieu et se détournait
du mal », Lire 2 Corinthiens 10 – 18;
Esaïe 5 : 21; 65 : 5; Marc 8 : 15. Les amis
de Job l’accusèrent souvent, il est
vrai, de « propre justice » (11 : 4;
22 : 1-2; 28 : 8-9; 25 : 2-6). Mais, plus tard,
quand arriva là une des épreuves,
le Seigneur lui ordonna de prier pour ses amis
car ceux-ci n’avaient pas agi, ni parlé avec
droiture; dans le même verset, au contraire,
le Seigneur montre Job en exempte (Job. 42 : 7-10).
Aussi intègre et droit qu’ait pu être Job avant ses
afflictions, quelques traits de son caractère se développeront
cependant au cours des longs jours d’obscurité et de souffrance.
En effet, à la fin de cette dure période, quand il eut
une nouvelle révélation du Seigneur, il s’écria
: « Je me condamne et je me repens sur la poussière et sur
la cendre » (42 : 6). On peut être pur, mais non éprouvé.
Quand le docteur Brown qui devait devenir un célèbre prédicateur
prêcha pour la première fois, il entendit une femme dire à sa
voisine pendant le sermon « c’est très bien mais c’est
du « clinquant ». Quelques temps plus tard le prédicateur
perdit sa femme; son coeur fut brisé; tout en lui en fut affecté,
mais sa foi ne fit que s’approfondir. Et quand il prêcha
de nouveau, la même personne déclara à son amie: « C’est
de l’or pur maintenant. » Il en est de même pour nous;
quand notre ligne de conduite est passée par l’épreuve
et qu’enfin nous allons de l’avant, les voix des anges doivent
laisser entendre ces mots: « C’est de l’or maintenant »
La
véritable cause des souffrances de Job peut
se découvrir dans 1 : 6-12 et 2 : 3-6. On
peut aussi la discerner entre les lignes des versets
9 à 11. L’insinuation de Satan est-elle
une insulte dirigée contre Job ou contre Dieu.
Contre qui Satan a-t-il toujours cherché querelle
? (Lire Esaie 14 : 13-14). Si vous êtes bien
d’accord pour estimer que ce n’est pas
une certaine « propre justice » qui
est à l’origine des épreuves
de Job, essayez d’en exprimer la cause réelle
en une ou deux phrases bien claires.
Nature
des Épreuves de Job – Elles sont
la somme de tout ce qu’un homme peut perdre
1)
D’une nuit à l’autre, lui qui était
l’homme le plus riche et le plus important
de l’Est, devint pauvre. Récapitulez
ses pertes matérielles (Job 1 : 14-17).
2)
En un instant, à cause d’une tornade,
il perdit tous ses enfants. Et, à sa douleur
paternelle, s’ajouta encore la crainte que
ses
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enfants
n’aient pas été droits devant Dieu.
(Voir 1 : 2, 4, 5). Il n’a même pas eu
le temps avant la catastrophe d’offrir à Dieu
un sacrifice destiné à racheter leur
conduite.
3)
Il perdit subitement sa santé et devint répugnant à cause
d’un « ulcère malin » (2:
7). On croit que cette maladie était une sorte
de lèpre. Il s’assit sur un tas de cendre
et gratta ses plaies avec un tesson.
4)
Sa femme elle-même se tourna contre Dieu qu’il
aimait et lui conseilla de maudire Dieu puis de mourir.
Pour lui, la mort, en effet, aurait valu mieux que
la vie.
5)
Ses amis se rendirent près de lui et l’accablèrent.
(Chapitre 4). Ils l’accusèrent de fourberie
et d’hypocrisie dont il n’était
nullement coupable. Bien des hommes supportent tout,
mieux que l’hostilité et la suspicion
de leur entourage. Les autres douleurs les rendent
plus doux mais cette dernière les rend cyniques
et amers.
6)
La plus dure de ses épreuves fut peut-être
de n’avoir jamais pu connaître la raison
de ses malheurs ni quand en viendrait fin. Tout pouvait
lui faire croire que Dieu l’avait abandonné et
que toute communication entre le ciel et lui était
coupée. Si une maman après avoir placé une
pièce de monnaie en évidence sur la
cheminée, informait son fils qu’elle
agit ainsi pour éprouver son honnêteté,
il serait peu probable qu’il tombât dans
le piège. Dans la vie, ce n’est pas
ainsi que se présentent nos tentations. Nous
n’en voyons jamais le motif caché et
nous ne discernons pas le défi qu’elles
nous offrent. Peut-être ne réalisons-nous
jamais que trois mondes observent, avec anxiété quelle
sera notre attitude devant la tentation.
Puissions-nous
apprendre à demander « pourquoi » juste
assez tôt pour distinguer si nos afflictions
sont causées par notre folie ou notre péché et
dans ce cas, nous ferons la seule chose en notre
pouvoir : nous humilier. Si là n’est
pas l’origine de nos malheurs, alors, laissons
le « pourquoi » aux pieds du Seigneur
et nous pourrons mieux traverser l’épreuve.
L’expérience de Job nous enseigne que
nous appartenons à Dieu et à ce titre,
Il peut nous appeler à défendre son
honneur au moment où Il le juge opportun.
Nous devons le remercier Dieu pour les épreuves
qui nous sont envoyées pour prix de nos folies
car elles nous enseignent la Sagesse. Nous devons être
reconnaissants pour celles destinées à corriger
quelque défaut. Car ce défaut serait
un fardeau pour notre éternité Mais,
là où notre reconnaissance sera sans
bornes, c’est quand, dans notre vie future,
nous découvrirons que nous avons bravement
supporté des épreuves qui nous avaient
purement été envoyées pour faire éclater
la gloire de Dieu au milieu des hommes qui ne peuvent
comprendre Dieu que lorsqu’ils le discernent
en nous. Avons-nous assez de considération
et de courage pour jouer ce rôle pour le Seigneur.
Récompense
de Job – Il est important de noter que
Dieu ne se permet jamais de rester débiteur
de l’homme, Il donne de la valeur à notre
service bien qu’il n’arrive pas toujours
que nous recevions notre récompense au cours
de notre vie terrestre. Quelques-uns, comme David
Livingstone ont dû attendre d’avoir
quitté ce monde de douleurs pour avoir leur
récompense dans leur demeure céleste.
Mais, le plus souvent, si nous confions entièrement
notre cas à Dieu c’est sur cette terre
même qu’Il nous récompensera
et nous élèvera. Il y eut un merveilleux épilogue
aux tourments de Job. (Lisez le chapitre 42). Les
chapitres intermédiaires nous exposent le
chagrin apporté par les prétendus « consolateurs »;
ils font un tableau saisissant des jours d’obscurité au
cours desquels son âme chercha vainement à découvrir
la face de Dieu et à connaître ce
qui pouvait le séparer de son Seigneur.
Mais, dans ce chapitre 38, Dieu s’adresse
de nouveau à son ami en termes peut-être
parfois inquiétants, mais destinés à sonder
les plis profonds du coeur. Et, au fur et à mesure
que l’Eternel parlait, Job recevait une révélation
si profonde de la véritable nature de son
Dieu qu’il lui semblait maintenant par comparaison,
que toutes les années précédentes,
passées à marcher en communion avec
l’Eternel n’étaient qu’un
conte. Job fut ému jusqu’à s’écrier
: « Mon oreille avait entendu parler de toi;
mais maintenant mon oeil t’a vu. »(42:5).
Cela était suffisant. Dieu n’avait
plus qu’une condition à poser pour
rendre à Job tout ce qu’il avait perdu.
C’était que Job prie pour « ses
amis » qui lui avaient causé tant
de peine. Et, cela, Job le fit avec joie. Alors « l’Éternel
rétablit Job dans son premier état
quand ce dernier eut prié pour ses amis;
et l’Éternel lui accorda le double
de tout ce qu’il avait possédé. » Lisez
encore les derniers versets du chapitre 42 et vous
verrez de quelle magnifique façon Dieu récompensa
Job.
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