La
petite gomme fixée à l’extrémité de
beaucoup de crayons constitue une preuve que la plupart
d’entre nous font des fautes (il serait souhaitable
que ces fautes puissent s’effacer aussi facilement
qu’un trait de crayon). Abraham lui-même,
l’homme de foi, commet une erreur; nous la constatons
dans le récit de la famine qui survint en Canaan
quand Abraham décida de se rendre en Égypte
(12 : 10-20). Il n’agissait certes pas selon
la volonté de Dieu lorsque pour garantir sa
sécurité, il demanda à sa femme
de se présenter sous un faux jour et de déclarer
qu’elle était sa soeur. Cette fraude aurait
pu lui causer de sérieux soucis et le mener à de
désastreux résultats si, dans sa miséricorde,
le seigneur n’était intervenu.
La différence entre un pourceau et un mouton est la suivante :
quand le pourceau tombe dans la boue, il prend plaisir à s’y
vautrer tandis que, dans le même cas, le mouton se met à bêler
et s’efforce de sortir de sa pénible situation Abraham était
l’un des agneaux du troupeaux de Dieu, aussi quitta-t-il l’Égypte
aussitôt qu’il pût le faire et renouvela sa consécration.
C’est par sa magnifique attitude envers son neveu Lot que l’on
comprend qu’il était vraiment un enfant de Dieu.
I – UNE GÉNÉREUSE
CONCESSION (Genèse 13 : 1-9).
Cet acte généreux eut pour origine la querelle entre les
gardiens de troupeau d’Abraham et ceux de Lot au sujet des pâturages.
Considérons :
1) Les causes de la querelle. Remarquez
que la querelle est relatée
dans la Bible après le verset qui nous présente Abraham
comme un riche propriétaire (13 : 2).
La Bible nous enseignerait-elle que c’est un péché de
posséder des richesses ? Voyez ce que les Écritures en
disent dans 1 Tim. 6 : 10 ; Prov. 17 : 11; Psaumes 62 : 10 ; Luc 18 :
24-27 ; 1 Jean 1 : 17. La Parole de Dieu ne nous défend pas de
posséder des biens immobiliers ou de l’argent honorablement
acquis elle estime que ces biens appartiennent à Dieu et qu’ils
doivent être utilisés selon les voies du Seigneur. Les mêmes Écritures
nous mettent aussi en garde contre le mauvais usage que nous pourrions
faire des richesses qui, dans ce cas, deviendraient la racine de tous
nos maux. Dans cette étude, nous voyons que l’abondance
de biens faillit provoquer une querelle de familles. Nous disons « faillit » car
la querelle fut enrayée avant même d’avoir éclaté.
Et cela parce qu’une des parties possédait des biens certes,
mais ces biens ne la possédaient pas.
2) Fâcheuses conséquences de la querelle Après
la querelle qui survint entre les bergers d’Abraham et de Lot,
la Bible nous enseigne que « Les Cananéens et les Phérésiens
habitaient alors dans le pays» (13 : 7). Une querelle entre les
enfants de Dieu » a dû être un malheureux exemple pour
ces Cananéens. Quand le peuple du Seigneur chante « parfaite
Paix, douce paix » et qu’il se querelle ensuite comme un
groupe d’enfants égoïstes, nous ne devons pas nous étonner
si le monde s’en formalise.
3) Remède à la querelle. Lire les versets 8 et
9. Quel moyen rapide utilisa Abraham pour arrêter la querelle ? « Abraham
dit à lot. Qu’il n’y ait point, je te prie, de dispute
entre moi et toi, ni entre mes bergers et tes bergers, car nous sommes
frères.» (Verset 8).
Par cette attitude, Abraham faisait preuve :
a) d’une grande sagesse – Il ne voulut pas se laisser
emporter ni prononcer des paroles de colère. Il savait que la
colère provoque la colère alors qu’une bonne parole
apaisa les plus grands courroux.
b) d’un
cœur généreux – Abraham était
l’aîné et le chef du clan. Le pays
lui avait été donné par la promesse
divine et lui appartenait. Il préféra toutefois
renoncer à ses droits mais il est plus « grand » de
les laisser avec 1 Corinthiens 6 : 1-8) On peut défendre
ses droits mais il est plus « grand » de
les abandonner pour la plus grande gloire de Dieu (Comparer
avec Matthieu 5 : 39-48).
c) d’une foi élevée – Abraham avait
l’assurance que, selon la promesse de Dieu. cette terre lui appartiendrait
il avait donc la certitude que le pays serait à lui même
s’il autorisait Lot à choisir sa part.
Abraham ne perdit rien en se sacrifiant
généreusement.
Après avoir autorisé Lot à lever les yeux sur la
plaine du Jourdain (13 : 10) Dieu apparut à Abraham et dit : « Lève
les yeux, et du lieu où tu es regarde vers le nord et vers le
midi, vers l’orient et l’occident car tout le pays que tu
voies, je le donnerai à toi et à ta postérité pour
toujours » (13 : 14-15).
II – UN
CHOIX ÉGOÏSTE (13: 10-13).
Le choix de Lot – (Verset 10). Lot
leva les yeux et vit la plaine du Jourdain avec
ses richesses tropicales, ses feuillages sombres
indiquant une eau abondante et ses villes prospères.
Comparée aux maigres pâturages des
collines, la vallée ressemblait à un
jardin d’Eden, Lot considéra que cela état
suffisant pour lui dicter son choix ; en cela il
commit une lourde faute car il est écrit
plus loin « Les gens de Sodome étaient
méchants et de grands pécheurs contre
l’Éternel »
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(Verset
13). Voir aussi Genèse 19 : 1-11; Ezech 16 :
49-50. S’il avait fait ce choix sans avoir aucune
relation avec les habitants de Sodome, il aurait été le
plus heureux et le meilleur des hommes, Il est d’ailleurs
juste de remarquer que, tout d’abord, « il
planta ses tentes jusqu’à Sodome » mais
il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour se trouver
lui-même dans Sodome (19 : 1). Ceux qui vivent
trop près des limites du monde sont bien près
d’y entrer et la conduite la plus sage est de
s’éloigner le plus possible des limites
où commencent ses attraits.
Mobiles de la conduite de Lot – Lot
pécha en ce sens qu’il ne
tint compte dans son choix que de son intérêt
matériel. Il faisait profession
d’être un adorateur du vrai
Dieu mais en cette occasion ses actions
montraient que l’herbe que pourraient
manger ses troupeaux avait en somme, pour
lui plus d’importance que la communion
avec son Seigneur et qu’une bonne
conscience. Sans aucun doute, Lot aurait
pu être une source de bénédiction
pour cette ville et auprès de ces
athées, il aurait pu être
un témoin de l’Éternel
mais ce n’est pas pour ce motif qu’il
se rendit dans cette ville.
Sa perte – Lot est le type
du chrétien qui n’est pas
entièrement consacré, du
chrétien qui essaie de prendre à la
fois dans la religion et dans le monde
les doctrines et les avantages matériels
qui lui conviennent, qui s’efforce
de se tenir droit devant Dieu tout en servant
au maximum ses intérêts terrestres.
Et par cette attitude Lot faillit tout
perdre aussi bien du côté du
monde que du côté de Dieu.
Il perdit la paix de l’âme
en vivant, parmi un peuple sur lequel il
n’eut aucune influence (2 Pierre
2 : 7) ; il perdit ses biens dans la destruction
de Sodome; il en vint, même un jour
jusqu’à, envisager l’ignoble
extrémité de sacrifier la
pureté de ses filles (19 : 8); sa
femme avait tellement subi l’influence
de l’esprit de la ville que son hésitation à la
quitter causa sa perte (19 : 26) et la
dernière fois que les Écritures
nous parlent de Lot, c’est pour nous
le dépeindre sombrant dans le dérèglement
et la honte (19 : 32-35).
III – UNE COURAGEUSE INTERVENTION
(Lire le chapitre 14).
Kedorlaomer, Roi d’Elam (pays du nord-est de la Babylone) était
un puissant souverain qui n’exerçait pas seulement son autorité sur
l’Assyrie et Babylone mais vers l’ouest jusqu’à la
vallée du Jourdain. Il avait comme vassaux cinq rois de Palestine
y compris Les rois de Sodome et de Gomorrhe. Ces villes se révoltèrent
contre Kedorlaomer qui leva sur le champ une armée destinée à les
ramener à l’obéissance. Les rois de Sodome et de
Gomorrhe furent battus et parmi les captifs se trouvait Lot, le neveu
d’Abraham.
Lot connaissait l’amertume d’un
premier châtiment – A
cause du choix qu’il avait fait en
dehors de toute considération spirituelle.
Pauvre Lot, comme il devait à ce
moment là regretter de n’être
pas resté avec Abraham. Quelle fut
l’attitude d’Abraham quand
il apprit l’infortune de son neveu?
Lire le verset 14. Dès que se répandit
la nouvelle de cette capture, Abraham n’alla
pas s’asseoir dans sa tente en se
disant d’un ton satisfait: « Tant
mieux! Il m’a quitté de son
plein gré, il paye maintenant les
conséquences de son égoïsme.
Il pensait n’avoir plus besoin de
moi, qu’il s’arrange lui-même
maintenant! » Non! Abraham ne connaissait
pas cet esprit de revanche qui incite certains à se
réjouir de l’infortune des
autres. Abraham possédait cette « charité patiente,
pleine de bonté... cette charité qui
ne soupçonne point, le mal. qui
ne se réjouit point de l”injustice,
qui excuse tout, qui supporte tout » (1
corinthiens 13 : 4-7). Toutefois, la douceur
et la charité d’Abraham n’étaient
pas synonymes de faiblesse :
Dès qu’il connut la captivité de Lot, le patriarche
ressembla ses hommes, surprit l’armée des envahisseurs et
après avoir semé la confusion, il délivra les captifs
y compris Lot.
Deux leçons se dégagent de cet épisode:
1) Le caractère d’un chrétien bien équilibré est
un mélange de courage et d’humilité, de force et
de douceur, de sévérité et de soumission.
2) Comme Abraham vola au secours de Lot,
les chrétiens doivent
aller courageusement de l’avant pour délivrer ceux qui sont
captifs de Satan – Comme nous le verrons plus loin, Dieu aurait épargné cette
ville pour sauver dix justes; mais la ville fut détruite ! Ce
fait est la preuve que Lot n’avait guère converti d’âmes.
Cependant, lui, Lot, fut sauvé et cela sur l’intervention
d’Abraham. « Dieu se souvint d’Abraham. Il fit échapper
Lot du milieu du désastre » (Genèse 19 : 19). Et
ainsi, Abraham sauva son neveu pour la seconde fois, la première
fois il le sauva par l’épée, la seconde fois par
la prière.
Lot en effet, fut délivré de la mort au moment de la destruction
de Sodome mais il fut sauvé « comme au travers du feu »,
Un écrivain chrétien Griffith Thomas a écrit: « C’est
le fait d’un véritable appel que d’être fidèle à Dieu,
de rester parmi son peuple, de témoigner pour le seigneur parmi
les gens de notre entourage et de ne jamais faire deux parts, celle du
monde et celle de Dieu. »
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