I – LE
FILS PRÉFÈRE DE JACOB.
1 – Joseph, chargé d’inspecter
les troupeaux de son père.
Jacob,
avec Joseph, Benjamin et quelques autres membres de la
famille se trouvaient à Hébron, au sud
de l’ancien emplacement de Jérusalem.
Jacob décida d’envoyer Joseph, son fils préféré,
vers ses demi-frères qui faisaient paître le troupeau à Sichem.
Il était chargé de voir si « ses frères étaient
en bonne santé, si le troupeau était en bon état ».
Joseph ne les trouva pas à Sichem mais un homme qu’il avait
rencontré lui indiqua qu’il les trouverait à Dothan.
Quelques temps auparavant, avec un peu de sagesse peut-être, mais
dans toute l’innocence de la jeunesse, Joseph avait mis ses frères
au courant de ses songes. Ils étaient jaloux de lui pour deux
raisons, d’abord parce qu’il était le préféré de
Jacob et ensuite parce que ses songes semblaient indiquer qu’il
dominerait sur eux. Le verset. 2 et le verset 14 laissent penser que
Jacob avait fait du jeune homme une sorte d’inspecteur de Ses troupeaux.
On a souvent représenté Joseph comme un simple d’esprit,
un niais aimant raconter des contes de son imagination. Il se peut qu’il
ait été naïf et certes imprudent en racontant ses
rêves mais le fait qu’il ait su ne pas céder aux mauvais
exemples de frères rudes, brutaux et vindicatifs est la preuve
d’une certaine force de caractère. Comparer Genèse
34 : 35-22; 38. D’autre part, plus tard en Égypte la vigueur
du caractère de Joseph l’affirmera devant des violentes
tentations. Or une telle vigueur n’a pas pu pousser subitement
comme un champignon.
2 – Joseph, Particulièrement
aimé de son père.
Il est évident que Jacob aimait intensément Joseph. Ce
dernier était le fils de Rachel. Véritable épouse
de Jacob et c’est en réponse à leurs prières
qu’ils avaient eu cet enfant. A la mort de Rachel. Jacob avait
concentré toute son affection sur Joseph qui récompensait
son père par une parfaite soumission.
Le vif contraste entre le caractère de Joseph et celui de ses
demi-frères augmentait encore l’amour de Jacob pour son
fils qui n’avait plus de mère. Pour bien marquer cette affection
il avait donné à Joseph « une tunique de plusieurs
couleurs ». Cela pouvait être le signe qu’il était
dans les intentions de Jacob de donner à Joseph l’héritage
paternel. Toutefois, il est certain qu’en montrant sa préférence
d’une façon si marquée Jacob commit une indiscutable
imprudence. Que ceci soit une leçon pour les parents.
Joseph ne pouvait être blâmé et d’autre part
on ne peut trouver aucune excuse à l’attitude de ses frères
dans les événements qui allaient survenir; on peut seulement
dire que la préférence marquée du père a
certainement aggravé la situation.
3 – Joseph, haï de ses frères.
L’animosité des frères de Joseph était également
renforcée par le fait qu’il ne consentait pas à les
suivre dans les voies que condamnait le père. L’envie a
fait place à l’animosité; l’animosité à la
haine et la haine a amené le projet d’en finir par un meurtre.
Comme il est d’usage, le méchant hait la droiture et Jésus
a dit de ne pas nous étonner si le monde nous haïssait. (Jean
15 :18.)
4 – Joseph a des songes.
Les songes de Joseph furent incontestablement
des communications de Dieu et il ne les
aurait jamais eus s’il n’avait pas strictement
marché avec Dieu.
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Mais
il est possible qu’il ait éprouvé un
sentiment de supériorité devant la partialité de
son père car Joseph n’était pas
un homme parfait. La signification de ces songes était évidente
pour les frères de Joseph et pour son père
qui gronda mollement l’enfant tout en discernant
l’esprit divin dans ses rêves. Mais ces
derniers attisèrent l’ardente jalousie
de ses frères; leur plan d’assassiner
Joseph ne fut d’ailleurs que la manifestation
extérieure de la haine qui était déjà dans
leur coeur (Comparer avec Matthieu 15 : 19; Proverbe
4 : 23).
II – LES FRERES DE JOSEPH.
(Genèse 37 : 11-26).
1 – Le complot contre Joseph.
La jalousie a endurci leur coeur. L’envie conduit à la médisance,
au mensonge puis au crime. La chose semblait devoir réussir, l’instant
et les circonstances étaient favorables; le crime mettrait fin à toute
difficulté et une nouvelle page de l’histoire familiale
allait être tournée. Ils allaient essayer de débarrasser
leur conscience du poids que produisait toujours la présence d’un
frère qui marchait avec Dieu.
2 – Le plan de Ruben.
Ruben, fautif lui aussi mais à un degré moindre, n’était
pas entièrement dépourvu de sentiments humains; il essaya
de déjouer le complot. Les choses auraient peut-être mieux
tourné s’il avait résolument pris position contre
un si lâche complot (dix contre un).
3 – Le conseil de Juda.
Sans se soucier des cris de leur frère, ils s’assirent pour
prendre leur repas. Une caravane d’Ismaélites arrivait,
se rendant en Égypte. Juda devait être le type du juif proverbial.
Pourquoi donc ne pas tirer profit de Joseph tout en s’en débarrassant
par la même occasion ? Aussi, mettant sa suggestion en application,
ils arrêtèrent la caravane. Ils étaient certes loin
de se douter des conséquences de leur idée!
4 – Joseph est vendu aux Ismaélites.
Ils retirèrent Joseph en toute hâte de la citerne et le
vendirent aux marchands ismaélites pour vingt sicles d’argent,
soit environ 4.500 francs de notre monnaie. Ces Ismaélites matérialistes
donnèrent froidement les vingt pièces d’argent. Ils
continuèrent leur route vers le sud et Joseph passa près
de sa demeure, à Hébron sans aucun espoir de pouvoir être
délivré, et comme le seront Moïse, David et Christ,
il fut sur le moment considéré comme perdu.
5 – Leur père est induit
en erreur.
La cruelle supercherie imaginée pour tromper Jacob est peut-être
le côté le plus cruel de ce crime si inhumain. Elle était
en même temps une insulte et était calculée avec
astuce. Le ton hargneux employé pour parler de la tunique, l’emploi
prémédité de l’expression « ton fils «.
(V. 32) qui semblait rayer le lien fraternel qui les unissait à Joseph,
la rudesse avec laquelle fut présenté le mensonge, tout était étudié pour
causer le maximum de peine et tous ces détails trahissaient la
haine qu’ils ressentaient pour leur père à cause
de son fils.
On peut toutefois se demander si, par la juste main de Dieu, Jacob ne
moissonnait pas la récolte de ce qu’il avait semé lorsqu’il
avait si cruellement déçu Ésaü.
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