Le
peuple avec lequel nous prenons contact dans la leçon
d’aujourd’hui est tout à fait étrange
et peu commun : ce sont les Récabites. C’était
un peuple nomade et pasteur. Il formait une branche
d’une tribu farouche et indépendante :
les Kéniens (voir 1 chroniques 2 : 55).
I – LES KENIENS.
Ils étaient
les descendants de Jonadab ou Jehonadab, fils de
Récab, un Kénien qui vivait 300 ans
avant l’époque relatée par le
texte de notre leçon. Les Kéniens trouvent
leur origine à l’époque de Moïse
et leurs ancêtres, et Hobab beau-frère
de Moïse (Nombres 10 : 29).
Jonadab, leur ancêtre avait une grande force de caractère.
Il s’allia au nouveau Roi d’Israël Jéhu pour
exterminer les adorateurs de Baal sur toute l’étendue du
territoire. (2 Rois 10 : 15-28).
Ces Récabites avaient été nomades pendant trois
siècles mais à l’époque où se situe
l’histoire relatée dans notre texte ils s’étaient
réfugiés à Jérusalem pour échapper
aux armées Babyloniennes qui envahissaient alors toute la partie
est de la région méditerranéenne. Elles allaient
vers l’ouest d’un élan irrésistible franchissant
les déserts et prenant les villes d’assaut. Les Récabites
n’ayant ni villes ni places fortes pour se défendre, refluèrent
en direction de Jérusalem vers l’an 606 av. J. C.
Coutumes particulières à leur tribu. Jonadab avait prescrit à sa
famille une abstinence complète de vin et cette interdiction était
valable pour toute sa postérité. Mais ce qui est plus étrange
il leur avait interdit toute occupation agricole. Étrange, cette
interdiction ne l’est en réalité qu’à première
vue. En effet, ce peuple destiné à vivre la vie des pasteurs
nomades, obligé de se déplacer sans cesse pour nourrir
ses troupeaux, serait allé à une ruine en se fixant pour
cultiver la terre ou pour bâtir une ville. D’autre part,
Jonadab avait pu constater le danger de corruption qui guettait les habitants
des villes luxueuses de son époque et il voulait protéger
son peuple de ce péril.
II – L’EPREUVE DES
RECABITES.
Ce
que fit Jérémie fut l’exécution
d’un ordre du Seigneur clairement exprimé. Étrange
message adressé au prophète Dieu fit-il à ces
gens qui s’abstenait totalement de boissons
alcooliques une proposition pour les inciter à boire
? Les invita-t-il à une sorte de beuverie
? Dieu alors, tente-t-il les hommes en les mettant
devant le mal contrairement à ce qu’enseigne
Jacques 1 : 13 ? Considérons aussi les versets
1 et 2.
Tout d’abord nous devons distinguer deux sortes de tentations.
Le mot « tentation » dans son sens profond est assez vaste
pour renfermer toutes les épreuves (pris dans le sens de mettre à l’essai),
les souffrances, les peines. Les tentations proprement dites qui sont
le lot d’une vie chrétienne comme de toute vie. Ce mot signifie
en premier lieu éprouver ou encore essayer comme on peut le faire
par exemple pour juger la qualité d’un métal. En
second lieu il est synonyme d’incitation ou d’incitation à faire
le mal. Ce dernier genre de tentation affecte le coeur et la vie intérieure.
Quant au premier genre il concerne plutôt les actes extérieurs.
Satan utilise la seconde, espèce de tentations pour abattre les
enfants de Dieu; le Seigneur permet la première sorte de tentations
pour prouver l’intégrité des sentiments de son peuple.
But de la tentation.
Dieu
les mettait à l’épreuve. Par l’intermédiaire
de Jérémie il ne les tentait pas uniquement
pour les inciter à boire du vin ce qui, à cette époque
n’aurait d’ailleurs nullement heurté la
morale. Le but était plus profond. Il les mettait à l’épreuve
pour voir s’ils allaient céder sur un
point qu’ils avaient jugé sacré pendant
des siècles. Allaient-ils continuer d’obéir
aux prescriptions de leur vénérable ancêtre
Jonadab, prescriptions qui comprenaient d’ailleurs
d’autres ordres ?
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Organisation
de l’épreuve.
Hanan (44) était très vraisemblablement un prophète.
La chambre des Princes dans le temple était le lieu où s’assemblaient
les anciens du peuple avant le service. Il est certain que Dieu voulut
qu’ils puissent être témoins de cette scène.
Il y eut un moment de communion entre les Récabites et les représentants
de la nation dont les ancêtres avaient été communs.
Leur décision fut absolument libre, sans aucune influence. Il
n’y avait là aucun piège et la procédure était
des plus normales.
III – LE
TÉMOIGNAGE DES RECABITES (35 : 6-11).
« Nous
ne buvons pas de vin ». C’est une réponse
catégorique, nette, sans équivoque.
Aucun malentendu n’est possible dans ces paroles.
Leur refus était à la base de leur
obéissance à la loi ancestrale à laquelle
ils obéissaient depuis des siècles.
C’était là le témoignage
de leur loyauté au décret de leur ancêtre.
C’était aussi la preuve de l’influence
personnelle de leur ancêtre. Nous ne pouvons
pas être d’avis que l’ordre de
Jonadab était du type le plus élevé car
il ne leur donna aucun encouragement d’ordre
moral, mais nous devons admettre que, pendant des
siècles il s’imposa au respect et à la
loyauté de ses descendants. Puissions-nous
par la grâce de Dieu, vivre une vie chrétienne
si vigoureuse et si ferme que nous soyons capables,
sans crainte d’échouer, d’inviter
les autres à nous suivre comme nous suivons
Christ.
IV – LE
TRIOMPHE DES RECABITES (35 : 18, 19)
L’obéissance
de ces Récabites à la loi de leur ancêtre
fut prise en exemple par Jérémie qui,
inspiré de Dieu, eut ainsi l’occasion
de reprocher à Israël son infidélité envers
l’Éternel, qui avait fait de leur nation
un peuple privilégié. Dieu avait été plein
de compassion pour le peuple d’Israël,
il avait tenté patiemment de les amener de
l’apostasie à la repentance mais il
devait maintenant les mettre en jugement à cause
de Leur désobéissance (versets 11 à 17).
Par la bouche de Jérémie Dieu promit aux Récabites
une postérité (V.19). Il y a encore, parait-il, des Récabites
en Asie.
L’expression « qui se tiennent en ma présence » (V.
19) émet l’idée d’un service d’adoration.
Certes, nul ne peut l’affirmer, mais il se peut que quelques descendants
de cette famille survivent à la grande tribulation et entrent
dans le millénium parmi ceux qui connaissent le Seigneur et se
tiennent devant lui pour toujours en témoignage à ses promesses
de la fidélité de Jésus.
V – LEÇON
DE TEMPERANCE.
Bien
que la tempérance passe au second plan dans
l’enseignement qui se dégage de cette
leçon, il est certain que les Récabites
avaient sur bien d’autres peuples une supériorité morale
physique du fait même de leur abstinence de
boissons alcooliques.
Compte tenu de leur époque, on peut les considérer comme
les pères de la tempérance et bien que les volontés
de leurs ancêtres aient contenu d’autres prescriptions, le
voeu de la tempérance répété par leurs différentes
générations était des plus nobles. Si nous voulons
gagner la course de cette vie nous devons être tempérants
(c’est un exercice de contrôle personnel) et tempérants
en toutes choses. Nous ne pouvons pas accepter l’idée que
nous puissions nous « enivrer de vin », notre seule passion
doit être pour les choses de l’Esprit. (Éphésiens
5 :18).
« Il est bien de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin et de
s’abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion
de chute ».Romains 14 : 21.
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