I – JOSEPH
EST EMPRISONNE SANS ÊTRE COUPABLE
.
a) Il est resté pur en face de la tentation. Après avoir été vendu
comme esclave, Joseph montra la droiture de caractère qu’il
avait déjà sous le toit paternel. Il fut fidèle
et loyal dans la gestion des biens de son maître et il prouva cette
fidélité en face de la tentation.
b) Il est demeuré digne de confiance au milieu de traitements
indignes. Lorsqu’ils sont victimes de mauvais traitements, la plupart
des hommes deviennent amers et vivent pleins de ressentiments. Certains
s’efforcent de remonter dans l’estime de leur entourage,
de laver leur nom pendant que d’autres cherchent à prendre
leur revanche. Tous ceux qui agissent ainsi blessent l’esprit de
celui qui a souffert sans se plaindre. Si nous voulons suivre les enseignements
de Jésus nous avons mieux à faire mais il faut alors crucifier
la chair et la chair se rebelle devant la mort. Voici ce qu’enseigne
Jésus
« Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui
aussi l’autre. » (Matthieu 5 : 39). « Si quelqu’un te
force à faire un mille, fait en deux avec lui) (Matthieu 5 : 41); « si
quelqu’un veut plaider contre toi et prendre ta tunique, laisse-lui encore
ton manteau » (Matthieu 5 : 40, Luc 6 : 29). Ce sont là de beaux
versets à citer mais il est bien plus noble de les mettre en pratique
et quand, l’occasion se présente, d’affirmer par les actes
que l’on est enfant de Dieu. Joseph montra qu’il possédait
cet état d’esprit que Jésus recommanda plus tard. Jeté en
prison, il était considéré d’un oeil soupçonneux,
mais il se montra si doux, si fidèle, il fit preuve d’un si noble
esprit qu’il fut bientôt en « faveur aux yeux du chef de la
prison qui plaça sous sa surveillance tous les prisonniers ». Et
ceci prouve que même lorsque la réputation d’un chrétien
est atteinte, son caractère droit peut avoir la victoire.
c) Dieu était avec Joseph. Bien des chrétiens qui souffriraient
comme Joseph pour leur fidélité au Seigneur et pour la
justice, seraient au désespoir et s’écrieraient « pourquoi
donc Dieu a-t-il permis cette épreuve alors que je Le suivais
? » Joseph lui n’émit aucune plainte. Il accepta son épreuve
comme étant selon la volonté du Seigneur et s’efforça
d’en tirer le meilleur parti. Les Écritures disent : « L’Éternel
fut avec Joseph, et Il étendit sur lui sa bonté. Il le
mit en faveur aux yeux du chef de la prison. » Nous pourrions dire
que si Joseph fut en faveur auprès du geôlier c’était
parce qu’après l’avoir observé ce dernier le
trouva digne de confiance. Certes, cela est vrai. Mais si nous approfondissons
la chose nous discernons Dieu, invisible mais présent et agissant
par le moyen de Joseph. Vivons dans la justice, la sainteté, sans
reproche et nous pourrons alors être assurés que Dieu agira
pour nous selon sa volonté.
II – DIEU AGIT EN FAVEUR DE JOSEPH.
Les moyens employés par Dieu pour exécuter sa volonté nous
semblent parfois étranges. Selon le plan de Dieu, Joseph devait
devenir le second personnage du royaume d’Égypte, et vraiment,
rien n’indiquait, alors qu’il était en prison, qu’il
allait bientôt acquérir tant d’autorité qu’il
serait immédiatement après le maître du pays.
a) L’échanson et le panetier. Alors que Joseph était
en prison, Pharaon eut sujet d’être courroucé contre
deux officiers de son palais le chef des échansons (maître
d’hôte) et le chef des panetiers il les fit jeter en prison.
Ce fait ne semble pas tout d’abord être un signe de la providence
de Dieu, mais lisons la suite. Au bout d’un certain temps ils eurent
chacun un songe qui les troubla fort; ils semblaient si tristes que Joseph
s’en aperçut et leur demanda la cause de leur peine. Ils
lui racontèrent leur rêve sans espérer d’ailleurs
que Joseph leur en donnerait la signification. Mais . Joseph était
toujours resté en communion avec Dieu et par l’esprit il
pouvait discerner le sens des deux songes. L’échanson serait
réinstallé dans ses fonctions mais le panetier serait mis à mort.
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Joseph
n’était nullement responsable du sort
de ces deux hommes; c’était, Pharaon seul
qui prendrait une décision à leur égard.
La prédiction de Joseph se réalisa: l’échanson
retrouva son poste et le panetier eut la tête
tranchée. Et que devenait Joseph ? L’échanson
lui avait promis d’attirer sur lui l‘attention
de Pharaon dès qu’il aurait repris ses
fonctions à la cour mais il l’oublia.
Comme nous sommes peu aimables et fort indifférents
par nature ! Et que d’ingrats on trouve même
parmi les enfants de Dieu ! Au fur et à mesure
que s’écoulaient les jours, Joseph devait être
de plus en plus certain que le service qu’il
avait rendu était oublié. Deux longues
années s’étaient écoulées
depuis la libération de l’échanson
et Joseph était encore en prison ! Le premier
vivait libre et heureux, mais le second!.. Dans le
Psaume 105 : 17 nous lisons : « Dieu envoya devant
eux un homme ». Ceci montre que Dieu avait préparé la
voie de Joseph et qu’il attendait le moment où celui-ci
serait élevé au-dessus des grands du
pays d’Égypte. Et pourtant « Joseph-
fut vendu comme esclave, on serra ses pieds dans des
liens, on le mit aux fers (Psaumes 105 : 18). Ce passage
nous dépeint Joseph dans les premiers jours
de son emprisonnement alors qu’il n’avait
pas encore gagné la faveur du directeur de la
prison. La dernière partie du verset nous prouve
la sévérité des tortures physiques
qu’il dut d’abord supporter. Mais ses tortures
morales n’étaient pas moindres et les
fers blessaient aussi son âme. Il était
mortifié dans son honneur et sa fierté,
il était tenté de croire que Dieu l’avait
abandonné. Mais ses souffrances étaient
dans le plan de Dieu et devaient le préparer
au poste qu’il allait occuper. Dieu ne peut employer
des novices pour les postes importants qui sont à la
base de son plan. Il se sert de ceux qui sont sortis
purifiés du creuset des afflictions. Ceci nous
apprend à croire au Seigneur de tout notre coeur
et à ne pas nous appuyer sur notre propre raisonnement
même lorsque nous ne discernons pas où Dieu
veut en venir. Jésus a supporté quarante
jours de terribles tentations avant de commencer son
ministère. Moïse fut mis à l’épreuve
fort longtemps avant d’être appelé à secourir
Israël. Si Joseph n’avait pas été purifié et
mis à l’épreuve avant d’obtenir
le pouvoir absolu sur tout un peuple, il aurait pu
gouverner en tyran. Il devait apprendre à souffrir
autant que ceux qu’il emploierait et qui allaient
le servir afin qu’il puisse comprendre leur souffrance
quand ils viendraient à lui. Le serviteur de
Dieu qui a lui-même souffert devient un doux
et bon pasteur. Nous devons souffrir si nous voulons
devenir le consolateur des autres. De plus, rappelons-nous
ce passage : « Si nous souffrons avec lui, nous
règnerons avec Lui ». Les souffrances
sont pour le temps présent, le règne
viendra ensuite.
b ) Le jour de la délivrance. Joseph demeura en prison jusqu’à ce
qu’un événement tout à fait inattendu provoque
sa libération. Cet événement fut un songe que fit
Pharaon. Personne en Égypte n’était capable d’interpréter
le songe de Pharaon; le grand échanson se souvint alors du service
que lui avait rendu Joseph et révéla à son maître
que dans sa prison se trouvait un homme capable d’interpréter
les rêves. Il déclara : « je vais rappeler aujourd’hui
le souvenir de ma faute »... c’était bien tard ! Et
cependant ce souvenir se présentait au moment propice. Si l’échanson
avait parlé en faveur de Joseph dès le jour de sa libération
nous pouvons douter que ce dernier ait pu se trouver au palais juste
au moment où sa présence était utile. En étant
libéré alors qu’un rêve venait de jeter le
plus grand trouble dans l’esprit de Pharaon, cette libération
se produisait à un moment psychologique qui mettait en relief à la
fois son interprétation et sa personne. Immédiatement Pharaon
discerna en Joseph l’homme capable de prescrire les ordonnances
et de prendre les mesures nécessaires à l’approvisionnement
de l’Égypte. Nous pouvons nous demander pendant combien
de temps Joseph fut gardé en prison. Nous avons appris qu’il
resta deux ans après la libération de l’échanson;
nous en déduisons qu’il demeura enfermé pendant plusieurs
années. En dépit des apparences ces années d’inactivité ne
furent pas du temps perdu, ce fut une période de préparation.
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