Pour
comprendre cette leçon, il est absolument nécessaire
de lire dans son intégralité toute l’histoire,
d’ailleurs captivante, contenue dans Genèse
42 : 1 à 45 : 15. C’est dans ce passage
qu’est relaté le plan imaginé par
Joseph pour revoir à la fois son père
et son plus jeune frère, Benjamin.
I – LA
REQUÊTE DE JUDA.
A – La
situation de son père.
Jacob se trouvait dans une dure situation. Lui
et ses fils avaient un besoin urgent de nourriture;
ils pouvaient recevoir un secours d’Égypte
mais à la condition que, selon la demande de Joseph, Jacob autorise
son plus jeune fils Benjamin à accompagner ses frères dans
ce pays.
Jacob ne s’était jamais consolé de la prétendue
mort de son fils préféré, Joseph, et maintenant,
il avait rejeté toute son affection sur Benjamin. « S’il
lui arrivait malheur dans le voyage que vous allez faire, vous feriez
descendre mes cheveux blancs» avec douleur dans, le séjour
des morts », déclara-t-il à ses fils (Genèse
42: 38). Mais la famine allant de mal en pis, Juda, de nouveau, adressa
une nouvelle requête à son père. (Genèse 43
: 3-9) « Juda dit à Israël son père: laisse
venir l’enfant avec moi, afin que nous nous levions et que nous
partions... Je réponds de lui, tu le redemanderas de ma main.
Si je ne le ramène pas auprès de toi et si je ne le remets
pas devant ta face, je serai pour toujours coupable envers toi. »
B – Sa
proposition.
Remarquez bien qu’il prenait ainsi l’engagement de ramener
son frère sain et sauf.
C’était le même homme que ce Juda qui avait eu une
part si capitale dans la vente criminelle de Joseph. A cette époque
malheureuse, il n’avait pas paru ému devant le désarroi
de son père et n’avait fait preuve d’aucun sentiment
de famille. Évidemment les années avaient dû être
un enseignement pour Juda. Il est probable que le poids de la culpabilité qu’il
portait dans sa conscience et les larmes qui avaient dû en résulter
l’avaient enfin rendu compatissant envers les âmes affligées.
Il se peut aussi que le remords l’ait déterminé à faire
tout ce qui lui était possible pour éviter à son
père une nouvelle angoisse. Pressé par la famine, Jacob,
finalement, capitula et, une fois de plus, ses fils retournèrent
en Égypte en emmenant Benjamin. Lorsque Joseph fut en présence
de son jeune frère le seul frère qu’il ait par sa
mère Rachel en présence du fils préféré de
son père, il ne put retenir ses larmes et dut se retirer dans
une chambre pour pleurer dans le secret.
Finalement, par une ruse que Joseph imagina, il fut prouvé, mais
faussement, que Benjamin avait volé une coupe en argent. S’appuyant
sur ce fait, Joseph décréta que Benjamin resterait en Égypte
et ne pourrait pas suivre ses frères sur le chemin du retour.
Juda présenta immédiatement à Joseph un plaidoyer ému
en faveur du jeune homme. Il montra dans quelles pathétiques circonstances
leur père avait accepté de laisser partir Benjamin. Après
avoir adjuré ses frères de le ramener sain et sauf, il
déclara finalement qu’il accepterait de demeurer captif à la
place de Benjamin. (Lire Genèse 44 : 30-34).
II – JOSEPH
SE REVELE A SES FRÈRES (Gen. 45: 1-4)
A – Son émotion.
L’émotion est elle un signe de faiblesse ? Pourquoi Joseph
fit-il sortir tous les autres personnages avant de se révéler à ses
frères ?
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Là,
toute l’attention va de Juda si angoissé à Joseph
si généreux dans le pardon. Si vous lisez
ces trois versets même avec la plus grande attention,
vous ne discernerez dans la conduite de Joseph aucune
trace d’amertume. « Et il éleva
La voix en pleurant. Les Égyptiens l’entendirent
et la maison de Pharaon l’entendit ». Joseph
ne s’excusa pas de ses larmes. il les avait retenues
pendant tant d’années que maintenant elles
pouvaient jaillir librement surtout au moment où il
allait se réconcilier avec sa famille qui l’avait
renié et rejeté.
B – Sa
confession.
« Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour être
mené en Égypte » (45: 4) « Mon père vit-il encore
?» (v. 3) Joseph comprenait que ce groupe était méprisé par
les Égyptiens, considéré comme des étrangers et que
ses frères étaient suspectés d’être des espions.
S’apparenter à eux pouvait l’abaisser dans l’estime
des Égyptiens, mais ce détail ne l’inquiéta nullement,
il n’avait pas oublié que ces
frères l’avaient renié et même jeté dans un
puits pour le faire mourir. Il se souvenait certes encore de ses années
d’esclavage et de son emprisonnement, conséquences de leur déloyauté à son égard,
mais il se souvenait aussi qu’ils étaient ses frères et il
voulait se rapprocher d’eux, être des leurs.
Plus encore, remarquez la profonde émotion qui secoue son être
tout entier quand il pleure en leur présence. Il les aimait encore
en dépit de leur méchanceté. Quelle image symbolique
de notre Seigneur Jésus-Christ! Personne n’a subi de pire
traitement que Lui et personne n’a plus aimé que Lui. Peut-on
donner une plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour
ceux que l’on aime ? (Lire Jean 15 :13). Dieu nous prouva tout
son amour en acceptant que Christ mourut pour nous alors que nous étions
pécheurs.
III – LES
EXPLICATIONS DE JOSEPH (Gen. 45 : 5-8)
A – Sa
clémence.
Remarquez le verset 5. Non seulement il n’y a chez Joseph aucune
trace d’amertume, mais il veut même dissiper le remords qui
pourrait assombrir les pensées de ses frères. Que leur
dit-il pour les tranquilliser ? (Voir versets 6-8). Peut-on imaginer
un si grand coeur, une clémence si parfaite, à l’époque
des peuples de l’Ancien Testament ? Bien des Chrétiens,
maintenant, à l’époque de la Grâce, n’en
sont pas encore à ce niveau! On peut affirmer sans erreur possible
qu’une telle grâce, un pardon si parfait venait du coeur
de Dieu vers le coeur de Joseph. Une telle fleur ne pousse pas de façon
naturelle sur le tronc épineux de la nature humaine déchue.
B – Sa
foi.
Par trois fois dans ce passage Joseph déclare: « Dieu m’a
envoyé devant vous » (v 6-8). Vous ne pouvez guère
porter préjudice à un homme qui voit la main de Dieu jusque
dans ses épreuves et ses afflictions. C’est l’amertume
qui cause la ruine d’un homme et non les épreuves. Joseph
refusa d’être le jouet de l’amertume. Des pierres qui
se sont trouvées sur son chemin il préféra s’en
faire des marchepieds pour s’élever vers Dieu. Plus encore,
des marchepieds même pour ceux qui avaient été la
cause de ses souffrances. « Dieu m’a envoyé devant
vous pour vous faire subsister dans le pays, et pour vous faire vivre
par une grande délivrance » (v. 7). Et cela c’est
la foi dans ce qu’elle a de plus beau.
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