La
leçon d’aujourd’hui nous présente
un contraste frappant des caractères de deux êtres
qui entrent en contact avec Jésus. L’un
est pauvre, l’autre est riche ; l’un est
conscient de son propre péché, l’autre
est sûr de sa droiture. L’homme a une vaste
demeure et dispose de grandes richesses dont il est
d’ailleurs seul à profiter, la femme n’a
presque rien à offrir mais ce qu’elle
a, elle. le donne; le Pharisien avait fait demander
Jésus sans doute pour chercher à le prendre
en défaut, la pécheresse était
venue vers Jésus sans autre pensée qu’un élan
d’amour et une soif de pardon; le riche se séparera
de Jésus plus mauvais qu’avant; la pauvre
femme le quittera avec un coeur nouveau et un nouvel
espoir.
Cette leçon illustre le fait que ce que nous faisons pour Jésus
sera le facteur déterminant de l’orientation de toute notre
vie et de notre existence future.
1. JESUS OINT DE PARFUM
I. LE FIER PHARISIEN.
Tout au long de son ministère, Jésus eut à compter
avec les Pharisiens. Ces derniers étaient très fiers et
conscients de leur propre justice. Ils se posaient en défenseurs
de la foi, ils étaient les formalistes théoriciens de l’époque,
mais ils avaient dépassé les principes même de leur
religion et s’étaient créé une philosophie
de propre satisfaction. Ils avaient oublié que, pour être
valable, la religion doit être vécue aussi bien que crue
et que la foi sans les oeuvres est une chose morte.
Pour nous qui sommes partisans de la foi des premiers â ges apostoliques
et qui tenons pour la Parole de Dieu dans sa simplicité et son
intégralité, la même erreur est possible. Nous devons être
très attentifs sinon nous perdrons l’Esprit et la puissance
qui sont derrière ces choses et nous nous contenterons seulement
de la forme extérieure de la Parole de Dieu. Mais la lettre tue
et l’Esprit vivifie.
Il était bien naturel que les défenseurs de la loi de cette é poque
soient entrés en conflit avec Christ. Ils le considéraient
comme un révolutionnaire dans le domaine spirituel. Ils l’accusaient
de vouloir rejeter la religion juive, de conseiller la destruction du
temple, de mépriser les vieilles coutumes juives d’adoration.
Il se peut que ce pharisien ait invité Jésus avec l’arrière-pensée
de le confondre par ses propres paroles et de trouver ainsi de bonnes
raisons pour le faire mettre en jugement. C’est sans doute pourquoi
il fut si prompt à critiquer la conduite de Jésus en ce
qui concerne la femme qui venait d’entrer jusqu’au lieu du
repas.
II. L’HUMBLE PECHERESSE.
Qu’y avait-il au juste de mal dans la vie de cette femme ? Nous
ne pouvons que l’imaginer. La description de la scène laisse
supposer qu’elle était de mauvaise vie. Il y avait là quelqu’un
qui savait qu’elle était pécheresse et qui connaissait
ses besoins. Généralement ceux qui sont dans la détresse
sont ceux qui, au point de vue spirituel, s’enrichissent le plus
facilement car ils ont compris leur misère, ils ont réalisé que
Christ leur manqué et ils ne demandent qu’à accepter
le message de l’Evangile. Par contre ceux qui sont satisfaits d’eux-mêmes,
remplis de leur propre justice, sûrs d’eux-mêmes sont
ceux qui seront presque insensibles au même message. Aucun homme
n’est plus difficile à gagner que Christ que celui qui est
rempli de sa propre bonté et comblé de richesses.
II. UN RICHE PRESENT, UN GESTE D’AMOUR.
Si pauvre qu’elle, ait été, cette femme avait quelque
chose à offrir au Maître. Il semble bien, que toute personne
si pauvre soit-elle, est capable d’offrir quelque chose à Christ.
Même les plus humbles et les plus pauvres habitants des jungles
de l’Afrique ou des îles les plus isolées peuvent
offrir quelque chose si leur coeur a été gagné au
Maître. Cette femme avait un vase d’albâtre plein de
parfum, un vase bien précieux et qu’elle avait dû acquérir
avec les é conomies de plusieurs années. Il était
rempli d’un parfum de grand prix. Ce vase représentait peut-être
le dernier lien qu’elle avait avec une vie qui avait pu être
pour elle, une belle vie. En tout cas ce vase, elle l’apportait
aux pieds du Maître.
Mais elle apportait plus que ce parfum; elle apportait aussi ses
larmes, larmes de repentance, larmes d’amour, larmes- de
renonciation.
Les pieds du Maître étaient encore souillés de la
poussière qui avait traversé ses sandales sur les chemins
poudreux. Le Pharisien peu courtois ou insouciant avait omis de lui procurer
l’eau avec la quelle Jésus aurait pu se nettoyer. La femme
pourvut à cet oubli et de ses larmes lava les pieds du Seigneur
et les essuya de ses cheveux. Ensuite
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elle
continua de l’adorer couvrant ses pieds de
baisers. C’était l’attitude de
l’esclave envers son maître. Elle n’agissait
pas en ami, d’égal à égal
mais comme quelqu’un qui vient devant un être
supérieur pour solliciter un pardon. Rappelons-nous
les paroles de David :
« baisez le fils, de peur qu’il ne s’irrite, et que vous ne
périssiez dans votre voie»(Psaumes 2 : 12). Finalement le vase précieux
est brisé, le parfum embaume les pieds de Jésus. Cette femme est
le type de la profonde repentance du pécheur, de l’ardent amour
de l’enfant de Dieu qui apporte aux pieds de son Seigneur, le meilleur
de lui-même, ses baisers et tout l’amour de son coeur.
2. LA PARABOLE
Mais le fier Pharisien à la vue étroite n’avait
que haine et mépris. Il ne pouvait nullement distinguer ni la
valeur ni la beauté d’un tel geste. Il ne dit rien ouvertement
mais il pensa : « Si cet homme était. prophète,
il connaîtrait qui et de quelle espèce est la femme qui
le touche, il connaîtrait que c’est une pécheresse «.
Christ ne pouvait manquer de répondre à cette remarque
même non exprimée et s’adressant au Pharisien il
lui raconta une histoire. A cette é poque être en dette était
une chose terrible et pourtant fréquente.
3. LA DETTE
Remarquez la somme que devait chacun, de ces hommes.., pour
des travailleurs ces sommes correspondaient respectivement à. cinq cents et à cinquante
journées de travail le denier romain étant le salaire
d’une Journée de travail). Il est nécessaire d’essayer
de voir l’exacte signification de cette parabole.Bien entendu,
il est évident que le créancier représente Dieu
et les débiteurs, le genre humain. Chacun de nous a contracté une
grande dette envers Dieu surtout en comparaison des péchés
que nous avons tous commis. Mais Christ veut tout bonnement montrer
a différence entre un grand et un petit pécheur dans
leurs relations et leurs sentiments pour Dieu. Tous deux, furent pardonnés.
Grâces soient rendues à Dieu car, près de lui..
on trouve le pardon. Le pécheur qui vient au Seigneur verra
que le Père attend sans cesse. comme le père de l’enfant
prodigue, avec des bras grand ouverts et un coeur désireux de
serrer le pécheur repentant sur son sein. « Lequel l’aimera
le plus ? » Telle est la question pour laquelle Jésus
cherche une réponse. Simon n’a guère le choix.
Chacun pensera que celui à qui l’on a le plus pardonné aimera
davantage, et, à contre coeur sans doute le Pharisien doit donner
cette réponse. Il avait déjà entrevu le but de
la parabole et bien qu’il lui en coûtait d’admettre
le point de vue de Jésus, la question ainsi posée ne
lui laissait nul moyen de se dérober.
Qui ai-me le plus Jésus actuellement ? À cette question,
personne ne peut, répondre car l’amour est une chose que
nous, humains, ne pouvons guère mesurer. Mais il semblerait
naturel que ceux à qui il a été beaucoup pardonné aiment
plus que d’autre le Seigneur, L’amour, toutefois, est un
fruit que l‘on peut cultiver et nous pouvons, en aimant Christ,
faire grandir notre amour pour Lui.
4. L’APPLICATION
LE REPROCHE QUE FAIT .JESUS AU PHARISIEN.
Notre Seigneur ne mâche pas ses mots devant un homme aussi indifférent
et aussi égoïste. Franchement il fait remarquer au Pharisien
son manquement aux règles de courtoisie de l’époque.
Ce que Simon avait omis de faire, la femme le fit en dépit de
sa pauvreté. Bien souvent les Chrétiens et leurs pasteurs
constatent que les plus fidèles et les plus consciencieux sont
justement ceux qui semblaient moins aptes à servir le Seigneur.
Ce n’est pas avec de l’eau ordinaire mais avec ses abondantes
larmes de repentance que, cette pauvre femme lava les pieds de Jésus.
Ce n’est même pas avec un linge mais avec ses cheveux qu’elle
les essuya. Ce n’est pas avec une huile quelconque achetée
au marché qu’elle oignit les- pieds du Seigneur mais avec
le parfum le meilleur, avec ce qu’elle possédait de plus
cher.
Le meilleure en effet, n’est pas trop bon pour notre Maître.
Tout ce que nous pouvons faire pour lui, tout ce que nous pouvons lui
offrir est bien au-dessous de ses mérites.
Ce qu’il nous faut quand nous allons vers Lui, c’est, un
débordement d’amour allant jusqu’au sacrifice et à l’abnégation
totale de soi-même. Rien n’est trop bon- pour Jésus.
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