Lorsque
Jésus mit en relief les tentations qui
accompagnent. la richesse, il n’a pas voulu dire
que c’était
un péché que de devenir riche. Il montre
plutôt que le fait
d’être riche était une occasion d’utiliser
son argent à la
gloire de Dieu et d’aider les gens dans le besoin.
Plus loin
il montrera même que de l’argent ainsi employé constituait
un placement qui, produit de riches dividendes dans
l’Eternité. L’étude de cette
semaine concerne un homme
riche qui, en toute connaissance de cause, négligea
de
saisir cette occasion : il avait semé pour sa chair
et de la
chair, il moissonnait la corruption. (Galates 6 : 8-10).
Notre
leçon présente trois contrastes.
1. CONTRASTE DANS LA VIE (Luc 16 :19-21)
Jésus met en évidence un contraste des plus
fréquents
dans notre monde. Nous voyons là un homme fort riche
vivant dans le luxe et l’égoïsme et ne
dépensant que pour
son propre plaisir. Il était vêtu de pourpre
et de fin lin et
menait chaque jour une vie brillante. Un pauvre, nommé
Lazare était couché à sa porte; il était
si misérable,
tellement dénué de tout tellement abandonné et
si affaibli
par la maladie qu’il ne pouvait rien pour améliorer
son
propre sort; Il n’avait même pus la force de
chasser les
chiens qui venaient lécher ses ulcères. A
la porte de
l‘abondance, il venait seulement se nourrir des miettes
avec lesquelles en ce temps, là, les riches s’essuyaient
les
doigts en guise de serviettes, de table. Ce seul détail
est,
donné pour mettre en évidence les usages
de cette vie
d’homme fortuné. C’est là un
signe bien caractéristique de
son indifférence, pour les souffrances humaines.
C’était sa
façon à lui de « passer outre ».
(Comparer avec Luc 10 :
31). Ce qui le condamnait ce n’est pas seulement
d’avoir
négligé Lazare lui-même, mais c’est
parce que cette
attitude était le reflet d’un état
d’esprit coupable.
La présence de Lazare à sa porte était
sans doute la
dernière chance de se racheter, un dernier avertissement:
son indifférence fit déborder la coupe.
2. CONTRASTE DANS LA MORT (Luc 16-22)
L’inflexible moissonneuse survint et d’un coup
de sa
sinistre faux enleva de la terre tout à la fois
leur gloire et
leur misère. Ainsi vont les ombres flottantes des
choses
terrestres: « Le pauvre mourut... le riche mourut
aussi et il
fut enseveli. » (16-22). On ne parle nullement de
l‘ensevelissement du malheureux mendiant. On a dû se
débarrasser bien vite de son corps dans le « champs
du
potier » de l’époque.
Quant au riche il eut de magnifiques funérailles.
Un grand
nombre de « pleureuses »suivit le corps qui
dût être -
déposé dans un tombeau aussi massif qu’un
temple, tombeau
qui coûtait peut-être aussi cher que certains
palais.
Un scribe renommé fit sans doute du défunt
un superbe
é
loge et se plut à le montrer sans tache, recueilli
au sein
d’Abraham (terme utilisé par les Juifs pour
désigner le
paradis). Mais qu’en était-il ? (Voyez Matthieu
3 : 9 et,
Jean 8-39). Quelle duperie que ces funérailles !
La seule
gloire que reçut ce riche en mourant fut celle que
peut recevoir
un morceau d’argile friable, tandis que son âme,
la
seule partie réelle de son être, était
transportée en raison
d’une loi divine, inaltérable, dans un lieu
de honte et de
châtiment.
Par ailleurs, Lazare, qui sur la terre n’avait eu
aucun ami, «
fut porté par les anges dans le sein d’Abraham.»
Et cela indique que par son caractère, ses qualités,
il était
fils d’Abraham.
Le texte original emploie pour « Séjour des
morts » le mot
«
Hadés » qui correspond au mot « Shéol ».
On désignait
par là le lieu de rassemblement des esprits des
morts.
Avant l’ascension de Christ, les bons et les coupables
allaient
dans le Shéol qui comprenait deux endroits bien
distincts; c’est dans le second que se retrouve le
riche de
l’histoire c’est à dire au séjour
des morts proprement dit.
Le « séjour des morts » et le « sein
d’Abraham » ne
désignent d’ailleurs que des séjours
provisoires et non un
terme. Le. paradis actuel n’est qu’un lieu
d’attente pour les
justes avant la gloire finale et le Hadès est aussi
un endroit
où les méchants attendent le jugement qui
les enverra
dans l‘enfer final : le lac de feu.
Nous ne pouvons pas comprendre pourquoi Dieu permet
parfois que des croyante souffrent d’une terrible
pauvreté
mais nous devons savoir que Dieu offre dans l’éternité une
compensation aux., inégalités et aux tristesses.
3. CONTRASTE DANS L’ETERNITE (Lue 16 23-31)
Dans une parabole précédente, Jésus
a montré que bien
que l‘argent soit souvent utilisé dans des
buts égoïstes ou
mauvais, il n’est cependant pas un mal en lui-même.
Il
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peut
au surplus être utilisé à la
Gloire de Dieu. Mais le
mauvais riche donne l’exemple d’un homme
qui négligea
d’utiliser son argent pour la gloire du Seigneur
et pour
porter secours à, ses semblables. Le juste décret
de Dieu
l’envoya dans l‘endroit préparé pour
recevoir ceux qui ont
vécu pour eux-mêmes et pour le présent
au lieu de vivre
pour Dieu et pour l’éternité. Le
riche étant ici la figure
centrale de l’histoire, remarquons
1) LE PECHE DE CET HOMME RICHE
Ce n’est pas parce qu’il était riche
que cette homme alla
«
au, séjour des morts » et ce n’est
pas parce que Lazare
é
tait pauvre que Dieu eut pitié de lui. Nous
savons par expérience
que des riches se sont montré des chrétiens
sanctifiés alors que des pauvres donnaient l‘exemple
opposé.
Mais une étude approfondie de ce texte nous
montrera que le riche de la parabole était coupable
d’un
péché qui avait ses racines au plus profond
de sa vie
intérieure. Il était, inhumain et manquait
de
compassion. Il n’est pas spécifié que,
cet homme se
montrait injurieux ou brutal. Mais le récit
prouve qu’il vivait
exclusivement pour lui-même et qu’il était
devenu si insensible
aux besoins des autres que toute sympathie, toute
compassion étaient disparues de son coeur. En
cela il était
exceptionnellement indifférent car le sentiment
de pitié est
profondément gravé dans la nature humaine.
L’amour et le
culte de sa propre personne avaient étouffé en
lui tout
sentiment humain. C’est trop tard qu’il
apprit que celui «
qui aime sa vie la perdra. » (Jean 12 : 25).
Allant plus loin,
nous pourrons remarquer que son indifférence était
contraire à la loi de Moïse et si ce fait
n’est pas ouvertement
spécifié. Il est sous-entendu dans les
versets 28 et
29.
L’amour de Dieu, et de l’homme c’est
l’esprit qui imprègne
le code mosaïque et l‘inhumanité fait
partie des péchés
mortels qu’il condamne. Voir Matthieu 25 : 41-46;
Luc 10,
30-37.
Allant plus loin encore, nous constaterons que son
péché
avait l’incrédulité pour origine.
C’était vraisemblablement
un sceptique qui raisonnait ainsi : « nous ne
vivons que
cette vie, tirons-en le meilleur parti possible; les
maux de
ce monde étant le seul enfer que nous connaissons,
tâchons de les éviter le pus possible.
Il découvrit son
erreur trop tard et chercha à mettre ses frères
en garde.
2) SA CULPABILITE SANS ‘EXCUSE.
Ce n’est que trop tard qu’il réalisa
l’indigence de Lazare.
Trop tard ! N’aurait-il pas pu s’en apercevoir
quand il avait
la possibilité de le secourir ? Il s’efforce
d’atténuer les
conséquences de sa faute de deux façons
aussi
inacceptables l’une que l’autre.
a) Il supplie que Lazare lui porte secours,
Abraham lui fait remarquer que pour deux raisons il
est
impossible d’accepter favorablement sa requête.
En effet,
elle est en contradiction avec la justice (verset 25).
Ce
riche avait préféré faire son
paradis avec les choses de ce
monde; il devait maintenant supporter les conséquences
de son choix. Lazare accablé par les maux de
sa vie
terrestre avait mis toute sa confiance en Dieu et jouissait
maintenant du fruit de sa foi et de sa fidélité.
De plus il
é
tait impossible d’accéder à sa
demande car les hommes
pendant leur vie terrestre se forgent leur destinée
(verset
26). La mort met fin à leur passage sur la terre
et aux
occasions qu’ils peuvent saisir et chacun alors
va vers le
lieu qu’il s’est lui-même préparé par
son caractère et sa
conduite. Il y a donc après la mort deux classes
d’êtres et
l’abîme qui les sépare est aussi
large que peut l’être la
différence entre Dieu et le Démon, entre
le bien et le mal.
b) Il demande que Lazare soit envoyé vers ses
frères.
Et cela semble indiquer une repentance.
Il veut par là présenter sa justification
personnelle en ayant
l’air de déclarer « si j’avais été prévenu,
j’aurais pu échapper
à
ce châtiment ». La réponse d’Abraham
est nette : «
Ils ont Moïse et les prophètes, qu’il
Les écoutent. » Les
é
critures, donnent aux hommes suffisamment de lumières
et de moyens de salut pour qu’ils puissent éviter
l‘enfer,
«
Mais si quelqu’un des morts va vers eut, ils
se
repentiront » argue le damné. La réponse
d’Abraham
renferme une vérité aussi valable maintenant
qu’à
l’époque de Christ : « S’ils
n’écoutent pas Moïse et les
prophètes, ils ne se laisseront pas persuader
quand même
quelqu’un des morts ressusciterait. » Si
un homme veut
vivre dans la droiture, les miracles fortifieront sa
foi et
renforceront sa détermination, par contre, si
son coeur
n’est pas droit et s’il est contre Dieu,
il trouvera le moyen
de détourner la réalité et la
portée du miracle.
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