Passage Clé : Jean 1 : 1-18; 8 : 12-18.

Des douze Apôtres, Jean fut à la fois le plus jeune et celui qui vécut le plus vieux. On pense qu’il écrivit ce livre à Éphèse, vers la fin du siècle apostolique. La première épître de Jean a été écrite vers la même époque, pour servir de « lettre d’accompagnement » à l’évangile du même auteur celui qui fut l’ami et le confident de Jésus.

Trois caractéristiques de l’évangile de Jean.

1) Cet évangile contient de nombreux détails qui témoignent d’une expérience personnelle et intime avec le Maître. Seulement huit miracles y sont mentionnés mais avec quelle richesse de précision ils sont décrits!

2) L’évangile de Jean nous montre plusieurs fois le Seigneur placé devant des circonstances imprévues, des situations inattendues, parfois très embarrassantes, et qui auraient laissé un homme ordinaire tout décontenancé OU désemparé. Mais toujours Jésus, de façon à la fois toute naturelle et surnaturelle, prouve par Son attitude et par Ses paroles qu’il est parfaitement maître de la situation. Quelle souveraine assurance !

3) Enfin ce qui est le plus frappant, dans cet évangile, c’est la manière dont Jean décrit les oppositions, les contradictions, les conflits sourds ou violents auxquels Jésus s’est trouvé mêlé ou au milieu desquels Il a été jeté : mais toujours pour en sortir victorieux ! Sur le plan humain, ces conflits sont avec les chefs des prêtres, les Pharisiens, les principaux parmi les Juifs. Mais sur le plan spirituel, ce sont des conflits avec « les princes de ce monde de ténèbres », «les puissances et les esprits mauvais qui sont dans les régions célestes ». Conflits entre la lumière et les ténèbres. l’esprit et la chair, l’amour et la haine, la vie et la mort, mais avant tout et surtout, conflit entre la FOI et L'INCRÉDULITÉ.

Le but de l’évangile de Jean.

D’après Jean 20 : 30 et 31, le but de tout cet évangile, c’est de nous amener à CROIRE QUE JÉSUS EST LE CHRIST et par cette foi qui est un engagement total de ce que nous sommes, de ce que nous avons et de ce que nous espérons être et avoir dans l’avenir, à la Personne divine du Christ — nous aurons LA VIE, au Nom même de ce JÉSUS, le FILS DE DIEU.

La vie éternelle, c’est cette Vie de Christ, qui nous est donnée et que nous recevons, comme un Don gratuit, ineffable. C’est la lumière du ciel venant habiter dans le cœur du croyant.

I. Une Lumière qui donne la Vie - Jean I : 1-5
Dans cette introduction ou « Prologue » — de l’évangile de Jean (chapitre. 1 : 1-18), il est à noter quelques points de ressemblance avec le début du livre de la Genèse, là « Au commencement. Dieu créa... La terre était informe... Ténèbres à la surface de l’abîme.
L’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut ». Ici : « Au commencement était la Parole (ou : le Verbe)... La Parole était Dieu.., Toutes choses ont été faites par elle.,. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes », Création, Lumière, Vie. Cela, par le moyen de la Parole créatrice. Le Verbe (en grec « Logos »), c’est l’expression extérieure d’une pensée intérieure, une personnification de l’action de Dieu dans le monde. Le « Verbe », c’est Christ, en tant qu’Agent intermédiaire dans la Création. (Voir aussi Hébreux 1 : 1-4.)

Il convient de remarquer, dans le chapitre 1 de la Genèse, que le premier acte de création de Dieu a donné naissance à la Lumière (v. 3 et 4). Avec l’esprit de Dieu qui ce mouvait au-dessus des eaux, cette Lumière était le premier témoin et la première manifestation de la Vie, dans la Création, Elle parlait de beauté, de puissance, d’amour agissant. 1 Jean 1 : 5 affirme que DIEU EST LA LUMIÈRE, et Jean 1 : 4 déclare que dans le Verbe «était la Vie, et la Vie était la Lumière des hommes ».

Enfin, Jean 1 : 5 proclame l’issue victorieuse du conflit Ténèbres/Lumière : « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue — ou plutôt : «n’ont pu s’en emparer » ou encore : «n’ont ont pas eu raison » — Ici, une anticipation du matin de Pâques est donnée : Ténèbres et Mort sont vaincues par la Lumière et la Vie. Donc, plus d’anathème! Lire Apocalypse 22 : 1-5.

II. Une Lumière impartiale - jean 1 : 9-13

A. La véritable Lumière apparaît. (V.9.)
Jésus est appelé ici « la véritable lumière ». Il est venu, en effet, environné de la gloire du Seigneur la seule Lumière qui soit bien réelle pour éclairer tout homme, quel qu’il soit. Heureux alors ceux qui peuvent dire avec saint Paul : « Dieu qui a dit La Lumière brillera du sein des ténèbres ! A fait aussi briller sa lumière dans nos cœurs, pour nous faire connaître la splendeur de la gloire de Dieu, qui rayonne sur le visage de Jésus-Christ ». (2 Cor. 4 : 6.)

B. Condition à remplir pour en être éclairé. (V.10-12.)
La Lumière est venue chez les siens — c’est à dire ceux qu’elle avait créés pour lui appartenir — mais eux ne l’ont ni reconnue ni reçue.

Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas rempli la condition nécessaire à cela : leurs pensées ont été remplies par des visions de leur propre gloire.

A la Lumière, ils ont préféré les ténèbres, parce que leurs œuvres étaient mauvaises (Jean 3 : 19). Pour être illuminé de la Lumière qu’est Christ, il faut la recevoir. l’accueillir. C’est ce qu’ont refusé de faire les Juifs, et tant d’autres avec eux, qui n’ont pas cru en Son nom (v. 12). D’où le péché et son cortège d’indicibles misères, dans le monde.

C. Le résultat de l’accueil de cette Lumière. (V.12, 13.)
Le plan de Dieu est aussi simple qu’il est glorieux : par la foi au Nom de Christ, quiconque (Juif ou Grec) peut recevoir le pouvoir — ou mieux : l’autorité, ou : le droit d’être fait enfant de Dieu, en étant né de Lui, de par une nouvelle origine de Vie.

Quel miracle extraordinaire, incompréhensible à l’entendement humain ! Ce n’est pas ici une question de sang, de race, d’hérédité, de décision d’homme. C’est en vertu d’un acte souverain du Dieu Créateur, qui est Vie et Lumière en Christ, le Verbe divin. Et cela, par l’action du Saint-Esprit, insufflé en nous.

Pour mieux mesurer l’immensité de ce privilège, lire Ephésiens 2 : 1-19: Romains 8 : 17; Jean 14 : 2, 1 Thess; 4 : 17; Psaume 91: 1-4.

III. Une Lumière glorieuse. Jean 1: 14-18.

Dans ces versets, on voit se réaliser la prophétie d’Esaïe 7 : 14 «Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel ». Emmanuel, c’est à-dire « Dieu avec nous ».

La Parole, faite chair, en venant habiter — littéralement : en « dressant tabernacle », ou « en campant sous tente » — parmi nous, a manifesté la gloire de Dieu au milieu des hommes.

Comparer avec Exode 40 : 34, où la nuée lumineuse, symbolisant la Présence divine, a couvert la tente d’assignation puis a fait apparaître la gloire de L’Éternel, remplissant le tabernacle. Ainsi Jésus, venu habiter passagèrement dans un corps de chair, était « plein de grâce et de vérité » par Lui, nous avons pu contempler la gloire de Dieu. C’est cette vision glorieuse de Lumière et de Vie entretenue par le Saint-Esprit, qui permet à l’enfant de Dieu de garder jalousement les privilèges que lui confèrent ses droits de fils.

Par l’incarnation — la Parole devenue chair , Christ qui était immortel a revêtu notre mortalité, afin de nous faire accéder à l’immortalité, Il a vécu et Il est mort afin que nous puissions mourir, tout en vivant par lui.

Faut-il s’étonner qu’un chant d’allégresse résonne dans nos cœurs ? Quelle grâce et quelle gloire!

IV. La Lumière espérée et pleinement digne d’être crue. jean 8: 12-18.

A. Majestueuse affirmation de Jésus. (V. 12.)
Ce passage constitue comme un développement de Jean 1 : 4 et 9.
Aussi, il donne corps à l’antique prophétie d’Esaïe 8 : 23 à 9 : 1. Christ est la Lumière annoncée aux hommes de la terre, qui vivaient dans les ténèbres et ses angoisses.

A ceux qui habitaient dans « le pays de l’ombre de la mort », il a été donné de voir briller cette « grande Lumière ».

De son côté le prophète Malachie (4 : 2) avait prédit que bientôt se lèverait « le Soleil de justice, dans les ailes duquel serait la guérison ». Enfin Siméon, accueillant dans ses bras l’enfant Jésus, au temple de Jérusalem, déclarait que ses yeux voyaient en lui le salut de Dieu, préparé pour être, devant tous les peuples, la lumière qui doit éclairer les nations (païennes), et la gloire du peuple d’Israël (Luc 2 : 30 à 32).

Dans Jean 8 : 12, Jésus affirme ce qu’il est en Lui-même, plus ce qu’il est par rapport au monde : Lumière, puis source de lumière pour tous les hommes, dans le monde entier.

De cette lumière du « Soleil de justice », procurent pour tout homme qui croit, Vie, Salut, Guérison, Gloire Éternelle.

B. Misérables chicaneries de Pharisiens.(V.13-18.)
Les Pharisiens, craignant de se voir dépossédés de leurs prérogatives, se cabrent et ripostent. Jésus dénonce sans ménagement leur incompétence spirituelle leurs jugements sont « selon la chair » (v. 15).

Assurément, les yeux de ces Pharisiens étaient aveuglés par leur vaniteux péché. Quiconque est venu à la Lumière, et l’a reçue, n’a plus besoin de témoignages extérieurs pour étayer sa foi en Dieu et en Son Verbe. Il Sait qu’il voit. Et cela lui a suffit ! (Jean 9 : 25)